Un sac sur le dos
Amandine

Quel a été mon premier voyage ? D’où me vient ce goût pour « l’ailleurs » ?

Les rêves de voyages en famille

Dans ma famille, l’ailleurs a toujours eu une place importante, que ce soit dans les rêveries de vacances de ma mère, qui s’empressait de chercher notre future destination d’été à peine le mois de septembre entamé, ou dans les histoires d’enfance de mon père. Ayant vécu ces tendres années en Afrique, il nous en racontait des histoires, mi-récit biographique mi-conte de fées. Je me souviens à travers lui de ces fruits géants, de ces arbres étranges, de la terre rouge et de la poussière, du soleil, des jouets fabriqués à partir de rien… Il rêvait de nous emmener voir le lac Kivu, rêve qu’il n’a pu réaliser, mais que je garde précieusement en moi : un jour j’espère voir ces régions dont me parlait mon père, tout en sachant pertinemment que je ne trouverai pas les images de son enfance intactes…

J’avais 10 ans lors de mon premier voyage à Venise

Une rencontre avec l’ailleurs

Une première rencontre aussi a particulièrement marqué ma curiosité pour l’ailleurs : celle d’une petite fille étrangère débarquée dans ma classe lorsque j’avais 7 ans. Je me souviens de son premier jour d’école comme si c’était hier. Notre professeur, introduisant l’élève au groupe, nous explique qu’elle ne parle pas encore bien notre langue :

Qui serait d’accord pour partager son banc et son casier avec Amanda ?

Ni une ni deux, une seule main s’élève dans la classe : la mienne (moi qui ne levais jamais la main !). Et voilà le début d’une grande histoire d’amitié qui dura plusieurs années, entre Amanda, une métisse d’Arizona, et moi.

Amanda et Amandine, un clin d’oeil du destin ?

Toujours est-il que lorsqu’Amanda est rentrée dans son pays quelques années plus tard, nous avons continué à correspondre jusqu’à mes 15 ans. Plus tard, à l’occasion de mon stage à Québec en 2007, j’ai retrouvé son mail et nous avons pu reprendre notre correspondance, troquant nos feuilles de papier et les délais impossibles pour des messages instantanés : miracle de la technologie !

Mon premier voyage

Nous y voici, au coeur du sujet : mon premier voyage… Quel est-il ?

Mon séjour au Canada est mon premier départ seule, ma première traversée de l’océan, ma première expérience d’autonomie et de cohabitation …

Nostalgie du Québec

Beaucoup de « premières fois » donc, mais je ne considère pourtant pas ce séjour comme mon premier voyage : j’avais mon appartement et restais donc fixée à un endroit (même si j’ai fait différentes expéditions : chutes de Niagara, Montréal, New York …). C’est plutôt une mini-expérience d’expatriation, expérience d‘ailleurs très concluante !

Mon premier voyage, c’est celui que j’ai réalisé deux ans plus tard, une fois mon diplôme en main, avec mon conjoint qui venait de me passer la bague au doigt : l’Amérique du Sud.

Depuis mes 16 ans, ce projet de voyage sac à dos et de volontariat en Amérique latine me trottait en tête, jusqu’à en devenir un air entêtant ! Janvier 2009, les sacs sur le dos, nous montons dans l’avion sans savoir ce qui nous attend, si ce n’est cette première nuit au Paraguay chez un couple trouvé via Couchsurfing : aucune idée d’itinéraire, aucune idée de durée du voyage. Le mot d’ordre est simple :

Quand on a plus de sous, on rentre !

Et c’est ce que nous avons fait, tout en traversant le Paraguay, la Bolivie, le nord du Chili et le Pérou (la partie au nord de Trujillo), l’Equateur (les Galapagos) et l’Argentine (Buenos Aires). Un magnifique voyage de 5-6 mois en Amérique du sud, plein de contrastes et riches en leçons.

Nos sacs sur le dos (Galapagos)
Vallée de la Luna, San Pedro de Atacama

Les 5 principales leçons de ce premier voyage au long cours

  1. Première leçon : plus je voyage… plus je voyage !

    Si le voyage est un virus, nous l’avons irrémédiablement contracté … et espérons ne jamais en guérir !

    Pire qu’un virus, le voyage est une drogue, un aphrodisiaque : jamais je ne me sens aussi vivante que lorsque je suis sur les routes !

  2. Seconde leçon : rien ne sert de courir

    Il faut prendre le temps de profiter sur place de chaque découverte, laisser le hasard des rencontres et des surprises créer des opportunités. J’ai beaucoup aimé une phrase découverte tout récemment :

    Si tu veux aller loin, tu dois y aller lentement, et que pourrait-il être mieux qu’une voiture vintage ?

    Tunnel dans la montagne, Tupiza (Bolivie)

  3. Troisième leçon : « Tout se termine bien à la fin. Et si ce n’est pas une fin heureuse, c’est que ce n’est pas la fin »

    C’est une phrase que j’ai retenue du beau film « The Best Exotic Marigold Hotel » (Indian Palace), car elle m’a fait sourire et penser à ces mésaventures survenues sur les routes :

    “Everything will be all right in the end… If it’s not all right then it’s not the end”

    (« Tout se termine bien à la fin. Et si ce n’est pas une fin heureuse, c’est que ce n’est pas la fin »)

    Oui, il y a des moments moins drôles, voire franchement galères… mais avec le recul, on peut rire de (presque ?) tout.

  4. Quatrième leçon : on ne peut pas passer inaperçu en voyage

    Des amis m’avaient prévenue du choc culturel, du risque que je me fasse repérer avec ma tignasse blonde dans la masse des cheveux noirs, comme un cheveu dans la soupe (allant jusqu’à me prescrire très sérieusement une bonne teinture !).

    Oui, je me suis faite « repérer » immédiatement. Qu’on le veuille ou non, cette étiquette de « touriste » nous colle à la peau. Mais c’est aussi l’occasion de faire des rencontres, d’attiser la curiosité de ces locaux, avides d’en apprendre plus sur mon pays d’origine et ses coutumes tout comme je le suis à leur égard.

    Et concernant le choc culturel, le volet le plus difficile à gérer pour moi fut celui des injustices, la plus flagrante étant celle du niveau de vie et de la répartition des richesses. Arriver dans des villages où les gens vivent avec trois fois rien, cela fait réfléchir. Et c’est tant mieux.

    J’ai été rassurée de discuter avec une voyageuse chevronnée qui me décrivait son premier voyage en Inde, où elle avait honte de ces différences, de sa « richesse d’Européenne » et voulait passer davantage inaperçue. Elle a eu beau troquer ses vêtements contre de vieux tissus et les salir volontairement, rien n’y fit : ses airs occidentaux sont la seule chose que voient les locaux, peu importe l’habillage qu’on y met autour.

  5. Cinquième leçon : Le monde est beau !

    Cela parait sans doute simpliste comme affirmation, banal, voire évident, mais le monde est beau : la nature, les paysages, les contrastes … et aussi l’histoire et les vestiges, les cultures et coutumes … et même les gens.

    À vivre dans une société occidentale bien rodée, avec une routine abrutissante « métro-boulot-dodo », on en vient souvent à considérer cette « masse » de gens comme des objets contraignants (qui me compressent dans le métro, m’empêchent de marcher à mon rythme dans les rues …) voire nuisibles.
    Quel bon et beau bol d’air purifiant que de prendre du recul par rapport à tout cela ! Se retrouver à « sa place » dans le monde, ni fourmi ni centre du monde : un élément parmi d’autres, tous interconnectés.

    Ne vous méprenez pas sur mes propos : je ne prône pas le voyage pour voir « plus beau » ailleurs : je ne cautionne pas le proverbe « l’herbe est toujours plus verte chez le voisin ». Le voyage n’est à me yeux pas une recherche de « mieux », mais bien de « différent ».

    Je pars peut-être trop dans des réflexions métaphysiques, sans doute vous ai-je déjà perdus … En résumé, je pense que le voyage permet de « purifier » ses aprioris sur le monde et les gens, de faire de belles rencontres, de croire qu’il y a du bon dans l’Homme, que le monde vaut la peine d’être vu et la vie d’être vécue.

    Jeune lion de mer venu jouer

Oser partir

Si avec toutes ces belles leçons je ne vous donne pas le goût de partir, j’ai encore de quoi vous rassurer. Certaines personnes me qualifient de chanceuse ou de courageuse, voire d’insouciante, d’oser partir comme cela aux quatre coins du monde.

Oser quitter sa zone de confort, cela s’apprend. Rien ne vous empêche de commencer petit et d’élargir ainsi votre cercle de confiance progressivement.

Qu’est-ce que fous là ?
François s’envoie en l’air
Un moment magique ! (Parapente à Paracas – Pérou)

Bien sûr, vous passerez par mille émotions différentes avant un grand départ, c’est ce qui fait aussi le charme de l’aventure : le futur voyageur éprouve un véritable arc-en-ciel émotionnel. Je sais que cela rassure certains voyageurs de voir que leur « yoyo émotionnel » est normal : ils ne sont pas les seuls à douter, à avoir peur, à être euphoriques, à gonfler leur entourage en ne parlant plus que de cela …

Le voyage, une philosophie de vie

Ce premier voyage m’a ainsi fait évoluer à plus d’un titre. À présent, je ne considère pas le voyage comme de simples vacances : le voyage devient une valeur, une philosophie de vie.

J’ai appris que le voyage pouvait être bien plus que des vacances dépaysantes, que l’éloignement dans de nouveaux décors. Le voyage possède des vertus thérapeutiques, il m’a appris, petit à petit, à m’aimer corps et âme, et il aurait même la capacité de rendre plus intelligent et plus heureux !

Et j’ai la chance de la partager avec mon conjoint et d’ainsi pouvoir voyager en couple. Ensemble nous avons toujours plusieurs projets de voyage devant nous, et rêvons de nos futures expéditions en les inscrivant, comme autant de promesses de départ, sur notre Bucket List.

Voyager en couple

Et vous, comment avez-vous (ou allez-vous) franchir le pas ?

J’espère que cet article vous a plu, si c’est le cas, n’hésitez pas à partager votre expérience dans les commentaires !

65 réponses à “Les 5 leçons que j’ai tirées de mon premier voyage”

  1. On ne comprends pas très bien comment il faut voter
    Je pense que j’ai fait ce qu’il faut en cliquant sur le lien vers ton article sur le site de Road Calls …
    En tous cas j’en profite pour te féliciter pour ton site qui fait parti de mes préférés

    • Pour voter, c’est vrai que ce n’est pas très clair (j’ai eu du mal à comprendre aussi ^^) : on comptabilise le nombre de clic depuis mon article vers la page de Jérémy de Roadcalls.

      Merci Antonio pour le compliment ^^ C’est un des plus beaux possible ! Ravie que tu apprécies mon travail

  2. J aime beaucoup ton site aussi pour ma part j ai fais l Europe seule a 19 ans pendant 3 mois il y a 30 ans … Et bien d autres destinations .. Sans outils informatique
    La je suis au Chili depuis 5 jours et je serais en Bolivie et Pérou en mars avril donc tes articles me plaisent +++ .
    j ai un blog que je n ai pas encore rempli et une page Facebook : ma destination bonheur . Je démarre juste .A vrai dire je n ai jamais voyage avec téléphone et ordi ce que je retire comme leçon de mes voyages c est qu il n y’a rien d impossible et no limite quand on aime .

    • Merci beaucoup Namaste. Je te souhaite un beau voyage ^^ J’ai été voir ton blog et ton beau parcours : tu as fais de magnifiques voyages, ça fait envie !

      Belle leçon : rien d’impossible ! Surtout dans ce genre de pays là, décalé par rapport à nos habitudes de vie. Profite du voyage ; 1ère expérience de blogging en voyage, le challenge c’est de trouver un juste équilibre : le + important étant de profiter pour soi de ce que l’on vit (sinon, aucun intérêt à le partager! ).

  3. Voyage au long cours … Quelle définition donner à ces mots ?
    En tous cas, article qui « tombe à point » au moment où je m’apprête à partir pour ce que je considère comme mon 1er « long cours » (Tour de l’amérique latine en 8 à 12 mois)
    Mais j’ai pas mal de voyages de 3 à 5 semaines à mon actif, donc je suis quand même un peu rodé (reste à gérer la durée …)

    • Le terme « long cours » est bien sûr sujet à discussion. Je pense que la notion de durée est toute relative : je pars dans 10 jours pour un mois au Cambodge : c’est plus long que les durées « classiques » de vacances, mais ce n’est pas pour moi, qui ait déjà voyager pendant plusieurs mois, du long cours (disons du moyen cours ?! :p).

      Je te souhaite beaucoup de bonheur, de coups de cœur, de belles rencontres et de découvertes pour ton premier voyage « long cours ». L’Amérique latine, c’est énorme, tu vas t’en donner à cœur joie ! J’ai prévu d’y retourner fin 2014, début 2015 … encore à concrétiser 😉

      • Alors nous y serons au même moment (pour moi ce devrait être de juin 2014 à … entre janvier et mai 2015). L’amerique latine est grande mais on ne sais jamais …
        Je connais déjà un peu l’A.L. ayant déjà passé un mois au Perou et 2 fois un mois en Argentine
        En attendant de ton coté profite bien du Cambodge

      • Hey, qui sait … ! Même si l’Amérique du Sud + l’Amérique centrale … ça fait très grand !
        Oui, je compte bien en profiter, du Cambodge; je n’ai encore absolument rien préparé (que ce soit mon sac ou un itinéraire) … je sens que ça va être épique !

  4. très bel article ma belle!! on part au brésil en juin et puis j’espère vmt mettre sur pied notre année off au brésil pour parcourir l’amérique du sud avec notre petit bout!! jspr que tu vas bien sinon!!

    • Merci Alexandra 🙂
      J’imagine à quel point tu dois être impatiente pour le Brésil ! 😉 Je pense souvent à toi et tes projets de voyage.

      Peut être qu’on se retrouvera un jour tous ensemble en Amérique latine, à siroter un maté de coca ou un Pisco Sour 😉 !

    • Ha, je me dis souvent la même chose Juju … le pire, c’est que j’en ai jamais « assez » !

      Enfin, je ne peux pas (trop) me plaindre : je décolle dans une semaine pour un mois de voyage au Cambodge ! J’ai hâte ! ^^

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