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Un sac sur le dos Un sac sur le dos
Amandine

Si la vie était un film, je serais un figurant. Cette personne dont on ne parle jamais. La bonne amie de l’héroïne, celle à qui on confie tout, mais qui ne parle pas.

Celle qui est tellement discrète que sa présence, comme son absence, passe inaperçue. Celle qui cède toujours sa place et descend du trottoir pour laisser passer les autres. Celle qui n’est ni particulièrement jolie ni particulièrement brillante. Celle qui dit toujours oui, jamais non. Celle qui sourit discrètement en rasant les murs. Celle qui, plus que tout, rêve de devenir invisible…

Et qui l’est déjà sans le savoir.

En grandissant, je multipliais les échecs plus que les succès

Je n’ai jamais connu mes tables de multiplication. J’ai toujours eu une mauvaise orthographe. Ma mémoire n’enregistrait que les émotions. Je n’ai jamais accompli le moindre exploit scolaire ou sportif. Mon attitude studieuse, pour compenser mon manque de mémoire, me valait l’étiquette de l’intello de la classe. Je n’ai jamais fait preuve d’audace ni de bravoure.

Tu devrais t’affirmer davantage.

Sois spontanée.

Connaissez-vous le principe de l’injonction paradoxale ? « Sois naturelle ! » Comment réagir à cela ? Quoique l’on fasse, l’on ne peut satisfaire une demande pareille.

Pour quelqu’un qui manque de confiance en soi, lui demander de s’affirmer est un challenge plus intenable que celui de retenir son souffle.

Pourtant, l’on me l’a demandé toute ma vie.

Jusqu’à me reprocher de ne pas faire d’effort. Moi dont le but premier était de plaire aux autres et de les satisfaire, quel paradoxe. Quelle injustice !

Puis un jour, j’ai vu que tout le monde avait peur. Tous.

Du ridicule. De l’échec. De la mort.

Rapa Nui, île de Pâques, Chili
Tout le monde a peur… mais certains osent quitter leur grotte et affronter le vaste monde !

Tout le monde a peur

Mais nous ne vivons pas tous de la même façon avec nos peurs.

Certains les refoulent, les nient et les oublient. D’autres les exposent aux yeux de tous. Ne sachant comment gérer ces poids attachés à leur cheville.

Et d’autres encore les reconnaissent, les regardent bien en face et leur font une petite place à leur côté.

Tous ces échecs que je pensais cumuler, dont je pensais construire mon histoire… n’étaient qu’une partie de mon récit. À côté d’eux, d’autres pages attendaient de se noircir et certaines étaient déjà porteuses de petites pierres à la base de mon édifice personnel. Des repères pour grandir, des fiertés et moments de bonheur, j’en avais autant que les autres.

Juste, je ne les voyais pas.

Voyage, enfant, monde, terre
Du bonheur et de la réussite, autant que les autres !

Imposer un changement personnel n’a pas de sens

Dicter la conduite d’un autre revient à tenter de modeler sa personnalité. Un changement personnel ne peut qu’être volontaire et porté par personne qui désire changer.

Une fois que l’on a décidé de changer, vraiment décidé, plus rien ne peut nous arrêter.

Je me suis toujours vue comme un rôle secondaire, une figurante, sans pouvoir m’imaginer un jour être l’héroïne de ma propre vie. Et réaliser le schéma tout tracé devant moi ne m’intéressait pas. Cette histoire la ne me correspondait pas.

La seule histoire qui me corresponde est celle que j’écrirai par ma seule volonté.

Quel a été mon premier vrai choix ?

Le premier virage que j’ai négocié seule, pleinement consciente de n’écouter que ma pensée, et non celle (même intériorisée) de mes parents, amis, conjoint, professeurs… ?

Sans doute mon premier départ à l’étranger, pour un stage d’une demi-année au Canada. Je n’ai pas douté une seule seconde. Ni de son bien fondé ni de ma capacité à réaliser ce rêve.

J’ai planifié et agi pour arriver à mon but. Travaillant à côté de mes études les weekends et pendant les congés. Ne partant pas en vacances, pour économiser et travailler. Recherchant les contacts pour planifier ce stage… Seule, j’ai mené ce projet à son terme.

Cela ne m’a pas semblé lourd ou difficile. C’était naturel. Pas un sacrifice. Un choix. Ma famille n’avait pas l’argent pour financer ce genre d’expérience. Je me suis débrouillée, parce que je le voulais.

C’est sans doute la première fois que je suis devenue l’héroïne de ma propre vie.

Chiens de traîneaux, québec, Canada, neige
Mon premier vrai choix : partir au Canada !

Depuis, je voyage

Depuis, je continue à faire mes choix.

Certains m’ont couté cher. Certains ont été difficiles. Dilemmes ou évidences, tous m’ont fait avancer pour devenir la personne que je suis aujourd’hui. À présent, mon esprit est davantage rempli de projets que de regrets, d’espérances que de doutes.

Depuis, je voyage, je découvre le monde et je m’offre la possibilité de le faire.

Tu as de la chance !

Non, ma seule chance est d’avoir pu ouvrir les yeux et comprendre que ma vie m’attendait.

Nous avons deux vies. La seconde commence lorsqu’on réalise qu’on n’en a qu’une. (Confucius)

Changer de rôle : du figurant au personnage principal de sa propre vie !

Me revient en tête une scène du film L’amour de l’or, où Alfonz, un personnage secondaire dit :

« I am the lead character in my own story. »

(Je suis le personnage principal de ma propre histoire.)

Et c’est ainsi que nous devrions tous nous considérer. Pas des figurants d’un monde trop peuplé, mais le personnage principal d’une aventure dont nous sommes le héros.

Alors cet article s’adresse à tous ceux qui ne se croient pas assez fort. À tous ceux qui doutent d’eux. Qui pensent qu’il y aura toujours quelqu’un de plus talentueux, intelligent, beau, instruit, chanceux… Qui viendra leur prendre la place.

À nous d’être cette personne que nous rêvons d’être. À nous de nous donner notre chance. À nous d’être les artisans de notre propre bonheur…

À nous de devenir le héros de notre propre vie !

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Vivre l’aventure de sa vie

52 réponses à “Devenir le héros de sa propre aventure”

  1. J’aime beaucoup cette idée de se structurer par les rencontres que te propose la vie. Un beau témoignage d’une véritable héroïne de sa propre histoire

  2. Merci Amandine pour cet article très inspirant que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire et dans lequel je me suis même reconnue un peu.
    Mon premier (grand) voyage fut une année d’échange en Californie. Je sortais d’une dépression, mais pour me sevrer, je sentais que j’avais besoin de faire un grand saut, tellement grand qu’il me serait impossible de retourner en arrière. J’étais comme toi, la fille discrète et effacée, celle qui ne marque personne. J’ai eu peur au moment du décollage de l’avion et puis une fois arrivée sur le continent rêvé, toutes mes peurs ont disparu. La seule à être apparue pendant ce voyage fut la peur de revenir et de quitter la vie idéale que je m’étais construite moi-même, grâce à mes propres choix.
    Aujourd’hui je suis toujours en voyage (en quelque sorte), mais quelque part je suis encore nostalgique de cette année en Californie. Je me demande souvent quelles sont mes aspirations profondes, et si je les ai vraiment trouvées. Je me sens toujours un peu effacée, en manque d’inspiration… J’espère un jour pouvoir me sentir, comme toi, la vraie héroïne de mon histoire!

    • Merci Amy pour ton commentaire : merci de prendre le temps d’écrire ces quelques lignes, cela me touche beaucoup et tes compliments me vont droit au coeur !

      Quelle belle expérience et quel beau témoignage : merci de le partager avec nous 🙂

      Se sentir l’héroïne de sa propre histoire, c’est un idéal. C’est comme décider de devenir la personne que l’on souhaite être. Mois effacé, plus actif… Un cap à suivre. Je ne me sens pas tous les jours/à tout moment « héroïne de ma propre histoire » : il y’a des jours de doutes, de questionnements, de remise en question… Le chemin n’est jamais tout tracé et nous ne savons jamais exactement où nous allons. C’est ce qui est effrayant et excitant : l’émotion (excitation vs peur) dépendra de l’état d’esprit du moment. La réalité ne change pas, mais bien notre perception…

      Garder le cap, c’est mon seul conseil. Ne pas se perdre de vue, soi et ses rêves/objectifs de vie… pour construire, pierre après pierre, la vie dont on rêve. Bonne route à toi 🙂

  3. Merci de dépasser cette peur de trop en dire, de trop se livrer, de ne pas être compris, d’être ridicule. Parce que oui, ça résonne très fort en moi.
    Ce sentiment d’avoir été en hibernation pendant très longtemps. Ca grondait, les bourgeons poussaient sur mon dos mais ne s’ouvraient pas, les racines s’enfonçaient, se densifiaient mais personne ne le voyait. Et aujourd’hui ce sentiment que ça doit exploser, éclore, que mes racines sont solides alors je peux essayer, je peux oser. Assumer. Devenir actrice.

    • Merci Coralie pour ce beau témoignage. Cette poussée intérieure et cette éclosion/explosion dont tu parles, c’est un mouvement de vie si essentiel, et pourtant si souvent balayé d’un geste de la main : trop futile, pas réaliste… Et pourtant, c’est notre essence ! S’écouter pour trouver sa voie. Pour créer sa voie.
      Je te souhaite en tout cas de poursuivre sur ce beau chemin 🙂

  4. Magnifique cet article. Je m’identifie totalement, même si j’ai certainement un caractère un peu plus confiant dans mes premières années, j’ai finit par laisser place aux doutes et me retirer peu à peu de ma propre vie, jusqu’à 2014. Tu as totalement raison de dire qu’on n’a pas de la chance, on fait juste des choix qu’on assume jusqu’au bout. Merci, merci, merci pour cet article très juste. Et je te souhaite les plus belles aventures pour la suite!

    • Merci beaucoup Nastasya pour ton retour enthousiaste sur cet article très personnel : cela me touche d’autant plus.

      Si cette notion de choix plutôt que de « chance » te parle, je pense que mon dernier article sur « nos vies parallèles » devrait te plaire 😉
      Curieuse de te lire à ce sujet !

      Je te souhaite aussi de regagner en assurance et de poursuivre sur ta lancée !

  5. Un texte touchant et qui dit tellement vrai. Je me reconnais un peu dans ce texte, ne manque plus que la partie voyage ! J’aimerais voyager plus avec mon compagnon et même seule (c’est un grand projet) mais avec le boulot on se dit que parfois c’est compliqué… J’admire les personnes qui arrivent à voyager souvent comme toi et qui se donne totalement les moyens ! En tout cas, ton texte remotive en ce début de nouvelle année !

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