Un sac sur le dos
Amandine

« Do wathever to stay alive » (« Faites tout ce que vous pouvez pour rester en vie »)

Stay Alive de José González, bande originale du film La vie rêvée de Walter Mitty, tourne en boucle dans mon casque. Je hoche la tête en rythme, approuvant la mélodie, transcendant les mots. Rester en vie…

Rester en vie

Partir, rester en vie.
Partir, se sentir exister.

Dans mon quotidien, les sens s’émoussent. Celui de vie aussi. On vit, sans s’en rendre compte. Les heures s’écoulent, lâchées au compte-goutte par la grande horloge qui règle la vie des adultes responsables. Travail, ménage, courses et autres obligations.

Mais être adulte, c’est aussi et surtout n’avoir plus personne pour nous guider. Pas d’adulte dont nous sommes à la charge : la possibilité d’être enfant autant qu’on le veut. Manger au lit, regarder un film jusque pas d’heure, lire toute la nuit pour ne pas lâcher l’intrigue, sans pour autant devoir se cacher sous la couette, double dose de dessert au chocolat…

Si ces entorses à la vie adulte, loin du regard des autres, ont un côté « plaisir défendu » grisant les premiers temps, l’enthousiasme retombe vite. Même ces jeux d’enfants peuvent devenir une routine et se vider totalement de leur sens.

Et alors revient la morosité.
S’échappe encore le sentiment d’être vivant.

« Do wathever to stay alive »

N’importe quoi.
Un petit mot, se détachant du brouillard en lettre lumineuse…

Voyage ?

À notre retour d’année sabbatique, nous nous étions promis d’être raisonnables le temps de quelques mois, quelques années… Le temps de se refaire une tirelire suffisamment grande pour repartir pour un prochain Grand Projet. C’était le plan… Mais nous sommes décidément très mauvais pour suivre des plans !

Partir, se sentir exister.
Partir, me retrouver.

Le quotidien a le don, en plus de nous faire oublier qu’on existe, de nous faire oublier qui on est. D’obligations en conversations vides de sens, on en perd le nord. Le cap dans la brume, on erre hagard, ne sachant plus s’il nous faut rentrer au port ou voguer vers le grand large…

Partir, c’est raviver tous ses sens, y compris le sens d’être soi. Se sentir profondément soi. Intensément soi. Uniquement soi. Sans masque, sans atours.

D’un voyage au long cours aux bonds de puce, nous avons sauté à gauche à droite, surtout à travers l’Europe (mis à part notre voyage au Japon) : Espagne, Serbie, Suède, Finlande, France, Portugal, Belgique, Allemagne… Non, nous n’avons pas été raisonnables ! Et pourtant, ces weekends et semaines au grand air ne représentaient pour moi qu’une bouffée d’oxygène dans un quotidien en apnée. Comment se contenter d’une bouffée d’air si doux, si pur… pour s’en priver aussi vite ?

Avec ces bonds de puce, j’accumulais de belles images, de superbes expériences… et beaucoup de fatigue. S’accumulant, elle devient de la lassitude. Non, le rythme n’est pas bon. Il me faut autre chose.

« Do wathever to stay alive »

N’importe quoi.
Tout ce qu’il te faut.
Ce qu’il me faut ?

Nous n’aurons pas tenu un an avant de repartir pour plusieurs mois : début septembre, c’est reparti pour 4 mois de voyage !

On aurait presque envie de s’en excuser… Mais auprès de qui ?

Je sais que ce voyage va me permettre de créer de beaux souvenirs en couple, de me nourrir de belles lumières, de paysages grandioses et d’expériences insolites. Qu’il me permettra de vivre de nouvelles « premières fois » et de retomber sur des chemins déjà parcourus ! Et qu’il me donnera à nouveau ce beau sentiment, d’être vivante.

Nouveau projet : Grand Départ en septembre !

De début septembre à fin décembre, nous reprenons nos sacs à dos, nos bottines et nos appareils photo.

Commencing countdown. Engine on.
(Démarrage du compte à rebours. Moteurs allumés)
5, 4, 3, 2, 1…

Ground control to Major Tom, c’est le grand départ !

Now it’s time to leave the capsule if you dare.
(Il est temps de quitter la capsule si tu l’oses)

Nous commençons par un second voyage en Allemagne : après avoir quitté la Sarre en juin dernier, nous allons cette fois explorer les contrées du sud-est, avec les régions de Saxe et Bavière et des paysages qui ont l’air majestueux !

Et nous avons encore plein de belles destinations pour les semaines et mois à venir. L’excitation est telle que j’hésite entre toutes vous les révéler ou vous laisser quelques surprises.

Je choisis la voie intermédiaire avec ces quelques indices (ordre aléatoire) :

  1. J’y suis allée avant mon premier grand voyage.
  2. Se trouve dans les « à voir » de notre Bucket List, est insulaire et terriblement attirante.
  3. Nous l’avons découvert cette année et eu un coup de cœur inattendu.
  4. Me fait rêver depuis des années, nous sommes allés rencontrer ses voisins cet été, et nous allons y aller… en camping-car !
  5. Un arrêt sur une grosse ile nordique, pour s’envoler ensuite vers le point 1.
  6. Un archipel dans une région du monde où nous n’avons encore jamais posé les pieds.

Je suis curieuse de lire vos idées dans les commentaires !

Mise à jour : changement de programme – voir l’article « Mon rêve (r)attrapé »
Voyager, rencontrer, découvrir (©Leon Seierlein)

26 réponses à “Rester vivant (et grande annonce !)”

  1. Le Maroc? En tout cas vous seriez les bienvenus 😉 très beau texte qui décrit bien les symptômes de voyagite aigue dont certains de nous souffrent. Bon voyage les amis!

    • Ahah Nadia 😉 On aimerait bien ! Depuis le temps qu’on en parle ! Mais non, pas de Maroc au menu… en tout cas pas pour ce projet-ci… ça viendra !
      Vous y êtes encore ? Pour combien de temps ?

      Merci encore pour ton message et le compliment 🙂 A bientôt !

    • Ahah Bianca ! 😉 😀
      On n’est pas encore allés en Indonésie… et nous avions prévu d’y aller pour ce congé sabbatique-ci (c’est d’ailleurs cette destination qui a lancé nos démarches !)… mais ça a été annulé et ne fait plus partie de notre programme pour les mois à venir !

      Mais ton 6eme sens n’était pas tout à fait côté du coup 😉

  2. Beaux projets même si on sait pas encore tout ! 😉
    Je mise tout sur l’Islande (c’est pas comme si tu me l’avais déjà dit dans un autre commentaire…) et probablement la Norvège (puisque vous avez déjà visité ses 2 voisines scandinaves). Le reste sera génial aussi je n’en doute pas !
    Bel article au passage ! Déjà que je suis en train de chercher ma destination pour fin octobre au lieu de bosser ça ne va pas m’aider…mais bon…voyage, voyage, quand tu nous tiens ! 🙂

    • Merci beaucoup Aurélie 🙂

      Bien vu pour l’Islande ( 😉 ) et la Norvège (on voit que tu suis !).

      Bon courage pour le boulot… et la préparation de ton futur voyage en octobre ! 😉

  3. « Un archipel dans une région du monde où nous n’avons encore jamais posé les pieds. » dès qu’on me parle d’archipel je pense au Vanuatu (je crois que je fais une obsession sur mon séjour *hashtag oups*) … mais ce n’est peut être pas ça ? (j’espère que si)
    En tout cas… vous avez raison. Pas l’temps d’être raisonnable, foncez 🙂

    • Je peux tout à fait comprendre ce genre d’obsession Stéphanie !!! 😀 Mais non, pas de Vanuatu pour nous… en tout cas pas pour ce projet-ci… #unjour !

      Merci beaucoup pour ton gentil message et le bonjour de Bavière, notre premier voyage !

  4. Beau blog dans son ensemble et texte en particulier. Vous devriez visiter l’île Macquarie, dans l’Océan Austral. C’est vraiment l’un des plus beaux endroits sur terre !

    • Merci beaucoup Charles 🙂

      Et merci pour le conseil, on note ça dans un bout de notre « boite à voyage mentale » 😉 Les images de l’ile Macquarie font rêver en tout cas : la force des paysages, de leur côté sauvage, se ressent vraiment à travers les photos !

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