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Un sac sur le dos Un sac sur le dos
Amandine

Voyager avec son sac à dos : la plus simple expression de liberté à mes yeux. Besoin de rien, envie de tout : de prendre la route, découvrir de nouveaux paysages, faire de belles rencontres, s’isoler au bout du monde, apprendre l’histoire des premières civilisations de notre planète, se découvrir de nouvelles passions…

Les vertus du voyage sont innombrables. Pourtant, à travers la planète, un mouvement négatif s’amplifie au fil du temps, créant une aura péjorative autour des « backpackers ».

L’évolution de l’image du backpacker

Le voyageur sac à dos éveillait bien d’autres sentiments à l’origine. Petit routard sans le sou, il se lançait dans le vaste monde avec son baluchon sur le dos, plein d’espoirs naïfs accompagnés d’un esprit débrouillard.

Cette image romantique a suscité beaucoup d’envie : le mythe du « retour aux sources ».

La nature. Les choses simples. L’essentiel.

Mais avec le temps, l’image du bourlingueur a perdu de son authenticité à en devenir une caricature d’elle-même. Le voyageur, qui n’est plus réellement « sans le sou », décide de voyager de manière simple afin de se faire ses sensations. L’Aventure !

Quelle aventure que de se revendiquer un « vrai voyageur » (et non un mouton de touriste) et de ne voyager qu’en dépensant 5 € par jours ! Quelle victoire sur ce monde capitaliste qui nous impose des besoins qui n’en sont pas !

Non, mieux, voyager pour 0 € !

Faire le tour du monde gratuitement !

Voyager en démarrant nu, dans son plus simple appareil !

L’escalade au sensationnalisme a créé un nouveau mode d’aventuriers des temps modernes. D’ailleurs, il se murmure que, pour le prochain film de Spielberg, Indiana Jones ne voyagera qu’avec son chapeau et un slip, le pouce tendu et le sourire aux lèvres !

Bref, le petit routard sympathique est devenu « backpacker » aventurier, terme anglophone plus accrocheur qui le propulse au-devant de la scène internationale.

L’aventure moderne

Occidentaux en manque de rien, mais en manque de tout (authenticité, simplicité, aventure…), les nouveaux voyageurs sac à dos, le visa Working Holiday pour l’Australie en poche, décident donc de tenter la plus grande aventure qu’il soit : voyager sans dépenser ou en dépensant le moins possible !

Celui qui dépense le moins est le plus grand aventurier !

Combien as-tu payé ton logement ? Quoi, tu n’as même pas dormi en dortoir de 15 personnes ?

Tu as pris le bus ? Mais le stop est le seul « vrai » moyen de se déplacer pour un aventurier !

Manger au restaurant ? Mais pour quoi faire : les marchés sont la seule vraie gastronomie du pays !

Forts de leurs concepts sectaires, les backpackers cherchent à impressionner chaque fois plus, montrant, photos et chiffres à la clé, comment ils sont doués pour ne rien dépenser.

L’aventure moderne se limiterait donc à cela ? Ne pas payer ?

La mauvaise réputation des backpackers

De ces attitudes caricaturées est née la mauvaise réputation des backpackers :

« Ce sont des voyageurs qui ne veulent rien dépenser ».

Peu importe la qualité de ce qu’on leur propose. Il faut tout négocier. Il faut toujours moins cher.

Certains pays et villages que nous avons traversés à travers le monde nous ont laissé un goût amer, en réalisant comment nous considéraient les habitants et professionnels du tourisme. Avec un blog nommé « Un sac sur le dos », nous devons sûrement être « les rois des backpackers » : c’est-à-dire avares à souhait !

Nous avons beaucoup parlé, avec des voyageurs revenant d’Australie, des locaux, des professionnels du tourisme… De plus en plus, le backpacker est méprisé.

Backpacker : 5 mauvaises réputations

Voici 5 exemples, tirés d’histoires authentiques récoltées à travers nos voyages, échanges et lectures.

  1. Le backpacker est un profiteur

    Il impose la gratuité dans l’échange, et ne donne jamais en retour. Tout est à sens unique.

    Je me souviens d’avoir lu le récit d’un blogueur voyageur (que je ne citerai pas) tout fier d’annoncer que, perdu en quittant l’aéroport, il avait reçu l’aide spontanée d’un habitant qui l’avait conduit, sur sa petite moto, à l’adresse de son hôtel.

    Il se doutait bien que l’homme espérerait une petite pièce en échange du service rendu. Et pour contrer cette demande timide que l’homme fit en tendant la main une fois arrivé à destination, le voyageur lui tapa dans la main et parti en lui criant par dessus l’épaule « Merci beaucoup ! », riant intérieurement de l’air dépité de son sauveur.

    C’est un bon backpacker : il a réussi à se faire aider sans rien donner en échange !

    Je peux comprendre qu’on ne veuille pas rémunérer une gentillesse spontanée, pour ne pas encourager la quête du « please one dollar »… Mais lui proposer de lui payer un verre était-il trop compliqué ? Cela aurait été l’occasion d’un bel échange avec un habitant du village, une porte vers une culture inconnue à ce voyageur.

    Résultat ? Une occasion de rencontre manquée.

    Et un villageois que ne se laissera plus prendre à aider un gringo, car ce sont « tous des profiteurs ».

    Dommage pour ce voyageur venu de si loin, pour la rencontre et la découverte.

  2. Le backpacker est un négociateur

    Négocier, négocier ! Négocier tout, tout le temps ! C’est un crédo que l’on répète en boucle aux voyageurs, qui risquent de se faire arnaquer dans des pays dont ils ne connaissent pas la valeur des choses.

    Bien sûr, dans certaines régions du monde, particulièrement hors Occident, la négociation fait partie du mode de vie local, même pour les habitants entre eux… et souvent aussi pour les touristes, repérés comme proie facile.

    Mais attention à ne pas pousser le bouchon trop loin (Maurice !).

    Négocier, oui. Mais avec intelligence.

    La règle de base, où que vous soyez, c’est l’observation. Regardez le prix que payent les locaux, s’ils discutent ou non avant de se mettre d’accord…

    Me reviens en tête une scène à Paracas, dans un « restaurant grill de rue ».

    La cuisinière, seule derrière ses fourneaux, sert les clients assis autour d’elle (des locaux et nous) avec le sourire. Arrive un groupe de voyageurs -pardon, de backpackers- francophones. Une fille du groupe demande le prix pour une assiette. Le prix renseigné par la dame est le même que celui que nous, ainsi que les autres clients locaux, avons payé. C’est le prix, point. Tout ne se négocie pas toujours.

    Mais notre experte en négociation s’entête :

    – Mais si je t’en prends trois, tu peux m’en faire un gratuit ?

    – Non, répète simplement la pauvre dame débordée.

    – Ah, elle est dure en affaire, commente la voyageuse en français. Elle est têtue !

    Et l’échange s’éternise, la fille perdant son calme et commençant à s’énerver sur la Péruvienne qui maintient son cap tout en continuant à servir les clients assis tout autour. Les autres membres du groupe de backpackers se joignent à ses négociations sans queue ni tête, proposant 1001 solutions pour ne pas devoir payer le prix indiqué. Je me serais crue au théâtre, mais avec une bien mauvaise pièce.

    À ce moment, j’avais honte de parler français, honte de pouvoir être associée à ces étrangers. Lorsque finalement ils sont partis, nous avons terminé notre repas et remercié la dame péruvienne, comme si nous avions notre responsabilité dans ce qu’il venait de se passer. Un peu chamboulée, mais toujours le sourire aux lèvres, son regard m’a rassuré : elle sait, nous ne sommes pas tous comme cela.

  3. Le backpacker veut uniquement le meilleur prix

    Le thème du budget pour voyager est toujours un sujet sensible, la logique étant simple :

    Moins on dépense, plus on peut voyager longtemps !

    Si nous avons été adeptes de cet adage lors de notre premier voyage au long cours, nous nous sommes rendu compte que la durée était loin d’être le seul critère de satisfaction ou de « réussite » d’un voyage.

    Dépenser peu, c’est aussi avoir un angle réduit d’approche de la réalité du pays visité. Cela nous permet par exemple de manger la « gastronomie de rue », mais pas de goûter aux spécialités plus élaborées.

    Dépenser peu, c’est aussi le risque de n’accorder de l’importance qu’au tarif. Or choisir un tour et une agence, par exemple pour un trek, ne devrait pas se faire sur le seul critère du prix. Un trek moins cher, en plus de s’accompagner d’un matériel souvent de moins bonne qualité, cela signifie souvent du personnel moins bien payé, avec de moins bonnes conditions de travail…

    Le touriste a une part de responsabilité dans l’économie locale, surtout dans les pays où le tourisme représente une grande partie de l’économie. Voyager éthiquement, c’est voyager en ayant un regard aguerri sur les offres touristiques, et regarder plus loin que le prix proposé.

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    Un sac sur le dos : un esprit de voyage
  4. Le backpacker est un voleur

    La réputation du voyageur en sac à dos est parfois très dure à porter… comme en Australie avec le « French shopping ». Certains backpackers y ont laissé des séquelles énormes, conséquences de leur manque de savoir-vivre et de leur insouciance. Piquer un fruit dans un champ, ce n’est pas légal, mais ce n’est pas trop grave. Voler à l’étalage pour des dizaines d’euros chaque jour dans les magasins, c’est une tout autre chose… et c’est malheureusement une réalité !

    Désormais, les voyageurs sac à dos sont vus d’un œil méfiant, conséquence de l’inconduite de certains voyageurs précédents. Lourde image à porter pour les futurs touristes… Combien de temps faudra-t-il pour l’effacer ?

  5. Le backpacker ne sait pas se tenir

    Le backpacker (ou plutôt son cliché !) est vite reconnaissable : en plus de son gros sac à dos, il s’habille sans toujours tenir compte de la culture locale. La question de la tenue vestimentaire n’est pas anodine : à travers sa façon de s’habiller, c’est toute la capacité à s’adapter (et à respecter) la culture locale qui est en jeu.

    Mais ce n’est pas la seule voie d’inconduite du backpacker. Car ce voyageur sac à dos est un jeune sans le sou qui cherche l’aventure… et la fête ! Bière, vodka et cocktail à gogo : l’alcool coule à flo et emporte le jeune voyageur vers une conduite désinhibée… La porte ouverte aux excès qu’il ne se serait sans doute jamais permis dans son pays.

    Pourquoi perdre le sens de la mesure et des bonnes manières à l’étranger ? Sans doute être hors de son pays confère un sentiment d’impunité, une d’impunité diplomatique ou de philosophie « carpe diem » adoptée pendant les vacances :

    « Demain importe peu, ce qui se passe à l’étranger reste à l’étranger. »

Lutter contre les clichés et sortir de l’image du backpacker

Lors de l’une de nos dernières rencontres, à Valparaiso, un professionnel du tourisme a trouvé sa « solution » pour nous distinguer des « voyageurs sac à dos » classique, malgré notre nom « Un sac sur le dos » : il nous a présentés comme des « backpackers VIP » (une sorte de backpacker de luxe). L’idée ? Des voyageurs en sac à dos qui acceptent de payer ce qu’il faut pour voyager !

Un peu étrange de se faire traiter de VIP, une image diamétralement opposée au sac à dos et dans laquelle nous ne nous retrouvons pas… Mais ces deux clichés contraires mis ensemble permettent peut-être de trouver un milieu plus nuancé.

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Backpacker : une mauvaise réputation ? (©Atlas Green)

Loin de vouloir adopter cette dénomination, je fais le rêve que la réputation du voyageur sac à dos perde sa mauvaise aura.

Sans vouloir regarder d’un air nostalgique vers le passé, je rêve de voyageurs curieux et ouverts, respectueux des autres : la culture du pays d’accueil comme celle de leur pays natal, qu’ils représentent à leur insu aux quatre coins du monde.

Nuances et espoirs

Tous les voyageurs sac à dos ne correspondent évidemment pas à ce cliché du backpacker présenté ici. Mais ce cliché est bien réel dans les représentations des locaux croisés sur les routes.

Néanmoins, je voulais apporter une touche plus positive dans cet article : depuis notre premier voyage en Amérique du Sud, il y a 6 ans, nous avons vu une belle évolution. Celle de la langue. Français et Américains étaient souvent les deux nationalités qui restaient le plus « cloisonnées » dans leur langue, attendant des autres un effort d’adaptation et ne prenant pas la peine d’apprendre les rudiments de l’espagnol.

Mais les choses évoluent… et en bien ! Nous voyons désormais de plus en plus de voyageurs de tous horizons se débrouiller en espagnol. Une belle preuve d’engagement dans la volonté de rencontrer un pays, sa culture et ses habitants !

Voyageurs, vous êtes des ambassadeurs !

Chaque voyageur, en quittant ses frontières, représente son pays aux yeux des personnes qu’il va côtoyer. Vous rencontrer deux Australiens sympathiques sur les routes, vous en déduisez « tous les Australiens sont sympas ! ». Vous tombez sur des Italiens dragueurs ? « Tous les Italiens sont chauds ! »… Et ainsi de suite. C’est humain. C’est automatique.

Quand je voyage, je suis ambassadeur de France. De retour en France, je suis ambassadeur de ces Autres que je suis parti approcher, rencontrer, comprendre. Nous sommes tous des ambassadeurs (…).

Alexandre Poussin

Alors imaginez-vous ce que pensent les habitants des pays que vous traversez. Vous représentez la France, la Belgique, le Canada, la Suisse… Voire l’Europe ou l’Occident tout entier ! Jeune fille à la peau claire, yeux bleus et cheveux blonds, vous êtes une gringo : le prototype même de l’étranger.

C’est tous les touristes du monde que vous incarnez !

Ainsi, comme si vous aviez un mandat diplomatique et que vous étiez chargé de représenter votre pays, faites attention à bien vous conduire. Faites honneur à votre patrie. Faites honneur à l’espèce humaine.

Backpackers, redevenez des voyageurs !

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Backpackers, redevenez des voyageurs !

229 réponses à “Pourquoi les backpackers ont mauvaise réputation ?”

  1. Merci beaucoup pour ce texte rassurant 😉
    En effet, après un mois en Argentine, je commençais à m’interroger sur cet esprit « ah bon tu as payé le bus toi? Alors qu’on peut tout faire en stop?!? »… ou autres exemples « moi j’ai tout fait en camping sauvage et je ne paye donc pas mon hébergement » qui poussent à se demander ce qui fait que des gens qui viennent de pays où rien n’est gratuit s’imaginent que tout doit l’être ou le plus possible dans des pays qu’ils viennent découvrir…
    Je prépare actuellement un blog, je crois que le 1er sera sur le stop, ne serais-ce que pour alerter sur le fait que le stop n’est pas une normalité dans tous les pays et qu’il conviendrait de se renseigner en amont sur les habitudes des populations afin d’éviter maladresses ou mauvaises surprises…

    • Merci Cindy pour ton message et ton retour d’expérience. Tu n’es pas la seule à avoir rencontré ces « voyageurs aventuriers » fiers de ne faire que du stop et du camping (tout en, paradoxalement, consommant souvent de l’alcool)… et qui critiquent ouvertement ceux qui « ne sont pas capables » de faire comme eux. On sent une idée de classement, entre les vrais voyageurs-baroudeurs-aventuriers d’un côté, et de l’autre… tous les autres !

      Ton projet de sensibilisation autour du stop me semble une idée intéressante. Selon les us et coutumes (mais aussi les lois !), tendre le pouce n’est pas toujours facile ou opportun. Bon travail ! 😉

  2. Hello Amandine, Bravo encore pour cette belle analyse!

    Je ne suis pas très fière de me reconnaître dans certains de ces traits. C’est vrai, moi aussi pendant mon premier voyage j’ai tout négocié, j’ai été un peu radine sous prétexte que je ne voulais pas être prise pour un porte monnaie. Pour autant je n’ai pas « profité » et je suis au moins contente d’avoir su apprécier l’aide des locaux, de les avoir justement remercié et d’avoir pris le temps de discuter.
    Mais j’ai remarqué que j’ai été souvent hébergée, nourrie, transportée gratuitement, sans attente de retour. Simplement je me dis que je me dois à mon tour de venir en aide aux autres quand je peux. Et j’avoue que parfois ça m’est difficile. Mais je reprends mes esprits et je me dis que je suis bien contente de bénéficier de l’aide des autres, et qu’à mon tour, je peux le faire pour quelqu’un d’autre.
    On n’a pas besoin d’être riche pour voyager, certes et je le revendique sur mon blog aussi. Mais le problème du backpacker moderne, c’est de vouloir TOUT faire, TOUT voir, de courir le monde en quête d’une bucket list à assouvir, et de consommation de paysages à poster sur FB pour montrer qu’on est super cool. Bon j’exagère un peu, mais je sais que lors de mon premier voyage, moi aussi j’étais un peu comme ça. Maintenant, j’essaye de me poser plus (bon là je suis partie dans l’autre extrême de ne carrément plus bouger depuis des mois!) et d’apprécier la culture locale. J’ai toute ma vie pour voyager, et je ne suis pas obligée de TOUT faire. L’important est de partager de bons moments, avec les gens!

    • Merci Emma pour les compliments, ravie que cette analyse t’ait plu.

      Je pense que souvent, lors de la première expérience de voyage, le voyageur est plus « tendu » et « susceptible » sur certains sujets, comme la débrouillardise, le risque de se faire arnaquer, ne pas trop dépenser… C’est humain. Je suis aussi passée par l’un ou l’autre de ces travers lors de mon premier grand voyage.
      Avec l’âge, le recul, l’expérience, la réflexion, l’échange avec d’autres (locaux et voyageurs)… le voyageur se détend, apprend, muri et est plus souple sur certains de ses principes, plus à l’écoute, je pense, des autres et de lui-même. Plus intuitif et plus respectueux.
      Enfin, je l’espère !

      L’idée ici est de favoriser cette évolution et, pour les « futurs voyageurs », de les aider à passer cette première étape avec plus de discernement.

      Par exemple, rentrer dans un cercle vertueux de réciprocité est une très belle idée. C’est ce que tentent certains réseaux en ligne (couchsurfing, warmshower) : l’idée est de replacer le voyageur dans une communauté, avec son réseau, ses règles et, surtout, l’entre-aide. De belles valeurs de base pour tout voyageur.

      Pour ce qui est de la Bucket List, beaucoup l’adorent, d’autres la méprisent… Je prends les choses avec plus de nuance. Si c’est pour créer une liste de « check » à faire rapidement, sans y mettre de sens, dans un côté « exhibitionniste » mode selfie Facebook, je ne rentre pas trop dans cette idée;
      Par contre, j’ai moi-même rédigé une Bucket List, suite à la vision du film du même nom, que j’ai vu alors que mon père se mourrait d’un cancer incurable. Cela change la vision du monde, remet en perspectives ses attentes sur la vie que l’on souhaite avoir… Pour moi, ma Bucket List est un voeu sacré, celui de ne pas passer à côté de mes rêves, que ce soit des rêves de voyage, d’apprentissage, d’accomplissement personnel…
      Cette Bucket List doit, à mes yeux, aller de pair avec une réflexion profonde et personnelle sur sa conception du monde et de sa vie. Sinon elle n’a aucun sens.

      Je te rejoins tout à fait sur l’idée de quitter le « voyage fast-food »/consommateur de paysages/pays/activités… pour un retour au « slow travel », avec l’envie d’être baigné dans l’ambiance et la culture du pays qui nous accueille. Tout faire, tout voir… est illusoire. Un deuil à faire pour pouvoir profiter pleinement de ses voyages avec sérénité et respect !

      • Pour la Bucket list, je suis du même avis que toi! Je parlais en effet plus de « check list ». Genre, ça c’est fait. Je suis passée par là aussi au début, mais je me suis rendue compte que ce n’était pas ça le vrai voyage. Comme tu le dis si bien, c’est un deuil à faire. On ne verra pas TOUT mais on le vivra nettement plus!
        Je suis désolée pour ton père, c’est clair que ça remet tout en perspective. Je suis tout à fait d’accord qu’une liste permette de ne pas oublier quels sont nos rêves pour les vivre et ne pas courir après.
        Merci pour avoir complété mes propos 🙂

  3. Merci pour ton article …
    Wow … Je suis une routarde depuis toujours quand je voyage. J’adore le sac à dos pour le côté pratique. Pour le reste, je ne me reconnais en rien.

    Je ne négocie jamais les tarifs, car le voyage pour moi est plus important que ces petites querelles pour grappiller quelques sous … Négocie-t-on chez nous ? Je porte ma contribution ainsi à ces personnes rencontrées . Lorsque l on m’aide ou m offre quelque chose j’ai toujours en échange mes mains pour offrir un massage ou un soin et même si on ne me donne rien j’offre… Je ne conçois pas de voyager autrement qu’en offrant qui je suis et la richesse de ma vie avec ceux que je rencontre .

    Le truc qui me déplaît vraiment le plus ce sont tous ces fameux  » voyageurs authentiques  » qui sont collés à leur Facebook et tel et internet Skype en auberge de jeunesse et qui dès le petit déjeuner ne sourient pas, ne disent pas bonjour et n’échangent rien sinon avec ceux qui sont restés chez eux !!! J’ai l’âge d’avoir voyagé plusieurs années seule et sans internet et les relations humaines étaient chaleureuses entre routards… Là c’est vraiment anti social !!

    Sinon être Française de parents malgache et polonais me donne une certaine fierté et j’aime enseigner ma langue partout ou je passe . Je reste malgré tout optimiste, car beaucoup de  » backpackers  » sont éveillés et aident à changer la conscience sur cette planète -:)

    • Merci à toi, Namaste Soisic, pour ton commentaire; cela nous fait toujours plaisir d’avoir des retours sur les articles, et particuilièrement sur ceux plus « spéciaux », comme celui-ci.

      Merci pour ton partage d’expérience très intéressant. Comme tu le dis, les voyageurs et le monde du voyage évolue, mais pas toujours (qu’)en mal !

    • Attention à ne pas tomber dans l’extrême inverse non plus…. ce n’est pas parce qu’on ne négocie pas chez nous qu’il ne faut absolument pas le faire ailleurs ! Il ne faut pas oublier que dans certains pays c’est culturel et parfois indispensable !

      En revanche je te rejoins sur la remarque concernant les téléphones et tablettes, c’est de plus en plus vrai, mais encore vu que c’est aussi souvent la même chose avec les locaux (du moins je me base sur l’exemple de la Thaïlande) donc tant que ça ne gêne pas autrui… même si on est d’accord que c’est dommage.

      Pour en revenir à l’article, ça me fait repenser à la réaction que j’avais eue en entendant parler de cette histoire de 2 comparses (un français et un allemand) qui c’était lancé comme défi de faire le tour du monde en 80j (référence évidente) sans argent…

      Et quand on lit le récit de leur parcours… On se rend compte qu’ils ne se rendent pas compte de leurs actes, pour eux, et il y a une part de vérité, ils ont démontré que les gens peuvent s’entraider, être généreux, etc., mais quand ça devient un impératif et qu’au final c’est plus au moins un coup marketing, ça me dégoûte juste…

  4. Dans le domaine du voyage j’ai parfois l’impression qu’il y a une pseudo pression à être comme ci ou comme ça pour être un « bon voyageur » ou un « bon backpacker » mais comme tu dis, le voyage sac à dos c’est pas forcément du voyage gratuit ! Après perso je trouve ça bien les initiatives originales pour voyager de manière toujours moins chère dans le sens que ça peut permettre de se dépasser mais après des fois oui, il faut savoir payer pour mieux profiter du voyage tout simplement 😉

    • Merci Malicyel pour ton commentaire. Tu mets le doigt dessus : ces idées que le voyageur parfait doit être plus ceci et moins cela… Alors qu’il n’existe pas, à mes yeux, « un voyageur », mais bien des centaines de voyageurs (voire des milliers) : chaque voyageur est unique , et l’un n’est pas meilleur voyageur qu’un autre ! Le plus important pour moi est de suivre sa personnalité, ses envies, ses besoins… tout en respectant les habitants du pays d’accueil, la nature, les autres voyageurs… Bref, respect !

      Voyager pour se dépasser, oui. Voyager pour quitter un monde « trop confortable » et revenir à l’essentiel, oui aussi.
      Mais il existe, je pense, d’autres façons de se surpasser que de gérer un budget serré ! Je trouve qu’on encense trop ces voyageurs qui ne dépensent rien ou presque (il n’y a qu’à voir les émissions de télévision…), et cela limite la vision de beaucoup, leur faisant croire que l’argent est la seule voie pour se dépasser et vivre une aventure.
      C’est plus cela qui me chagrine… et m’effraye !

  5. Je découvre ce problème, je n’y avais jamais pensé ! Nous voyageons souvent en sac à dos, cette soif de liberté, mais nous n’avons jamais ressenti cet apriori négatif sur les backpackers. Au contraire, les gens aiment mieux discuter avec nous.

    Par contre, le sac à dos ne nous sert pas à voyager moins cher, juste a être plus mobiles et à nous déplacer au gré de nos rencontres.
    Pour ce qui est de la négociation, ça fait partie du voyage, mais bien sûr, il faut toujours accepter de payer un peu plus cher que les locaux, nous avons de toute façon plus les moyens. Nous négocions à peu près tout, mais par contre, si le service nous plait, nous laissons un pourboire.

    Pour les vêtements par contre, je ne me suis jamais vraiment posé la question … On prend généralement peu de vêtements dans lesquels nous nous sentons bien, je ne vois pas vraiment l’intérêt de vouloir ressembler à un local alors que je pars au Maroc. Je suis blanche et avec des cheveux blonds, je me fais de toute façon remarquer ! Pas de petit short ni de top à bretelles, je suis d’accord, mais une femme en pantalon, ce n’est pas local du tout !

    • Merci Claire pour ton message. Nous avions déjà plus ou moins rencontré ce problème dans les voyages ultérieurs ; mais c’est encore plus flagrant depuis notre voyage « Back To America » en Amérique latine…

      Comme toi, nous envisageons le sac à dos comme « le 4*4 du voyageur » : nous pouvons aller partout, nous adapter à toutes les situations… Nous ne nous définissons pas comme des « backpackers ».

      Merci pour ton commentaire concernant les vêtements. Ce que j’avais en tête, ce sont davantage les pays où les normes culturelles concernant les habitudes vestimentaires sont très différentes/codées… et où se promener en minishort-bikini au milieu des rues (voire dans un bâtiment religieux) va complètement à l’encontre de la culture locale. Bref, les cas de manque de respect.
      Effectivement, il n’est pas toujours utile/nécessaire… de s’habiller à la mode locale !

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