Un sac sur le dos
Amandine

Par où commencer quand il n’y a pas de commencement ? Quand on a l’impression d’être englué·e dans un présent permanent. Avec un passé si lointain qu’il en devient flou. Et un futur si incertain qu’il semble s’échapper à chaque fois qu’on tente de le regarder. Comme un rêve dont les détails s’effilochent à mesure qu’on essaye de les saisir.

Adieux, voyages ! Bienvenue au temps du COVID et des confinements !

Par où commencer… sinon par là où je suis, maintenant.

Là, maintenant…

J’écris cet article avec le gout de me replonger dans le monde du voyage, de me reconnecter au plaisir de partager avec vous sur le blog.

Pendant ces derniers mois, sous le signe du COVID et des confinements, repenser à mes voyages passés était comme trop douloureux pour que je puisse les retranscrire.

Mais j’ai envie de changer d’air… à défaut de changer de lieu, je peux troquer le disque rayé qui tourne dans ma tête depuis trop longtemps pour en écouter un autre, ne fût-ce qu’un instant…

Confinement… et reconfinements

Les confinements se suivent et se ressemblent. Cela va faire une année que tout tourne au ralenti. Et si je suis reconnaissante et capable de trouver du positif dans ma vie actuelle, cette étrange situation a de quoi faire craquer.

C’est ce que j’ai fait.

Il y a quelques semaines, sur Instagram, je vous partageais ce message en story. C’était mi-janvier (le mois le plus déprimant de l’année pour nous) et nous étions censés être au Costa Rica à ce moment-là…

Je ne sais pas vous, mais chez nous, ça déprime un peu beaucoup…

On sait… On sait qu’on a de la chance, qu’on est ensemble, avec celleux qu’on aime, en bonne santé…

Mais ça n’empêche pas d’être aussi en manque, de sentir une part de soi vide, comme une pièce inutilisée qu’on fait semblant d’oublier dans le fond de sa maison, mais qui résonne bruyamment par le vide qui l’occupe…

Et suite à cette story, j’ai reçu énormément de messages. Je n’étais pas la seule à penser ça… Et c’est pour cela que je prends le temps d’écrire sur le blog. Si vous vous reconnaissez dans ces pensées : vous n’êtes pas seul !

Parler que du positif ?

J’aime l’idée qu’il faut apprendre à inscrire ses blessures dans le sable et graver ses joies dans la pierre. C’est généralement ce que j’essaye de faire, et d’autant plus sur le blog et les réseaux sociaux. J’ai envie de vous partager de bonnes ondes, de vous aider à vous sentir loin sur les traces de nos aventures…

Mais je vis avec une autre conviction, tout aussi profonde. Celle que toutes nos émotions sont légitimes. Les nier n’arrange rien (bien au contraire).

Contradiction ?
Je vois ça plutôt comme deux approches complémentaires.

Toutes vos émotions sont légitimes

Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises émotions (pour paraphraser Otis). Comme je l’ai déjà dit dans d’autres articles (particulièrement ceux de la rubrique Voyage & Psychologie), je préfère parler d’émotions agréables et désagréables. Et elles ont toutes le même but : nous faire passer un message.

Elles sont toutes utiles. Elles nous parlent de nous, de qui nous sommes, de ce que nous ressentons, de nos besoins.

J’ai prévu un article consacré à la difficulté de traverser cette période COVID et confinement quand on est amoureux des voyages. J’en reparle très vite, promis !

COVID : le grand inconnu et les grands boulversements

Je ne vais pas parler de la situation mondiale, des impacts du COVID au niveau sociétal, médical, financier… Je pense sincèrement que dans l’Histoire, il y aura un avant et un après COVID… Mais ce n’est pas le sujet ici.

Je voulais juste vous parler de moi, de nous.

Notre première expatriation… au Japon !

Certains le savent : nous avons annulé un gros projet moins de 2 jours avant de décoller. Nous étions censés partir pour une première expérience de mini-expatriation de plusieurs mois au Japon. Je rêvais de Kyoto, du vélo avec un siège enfant à l’arrière et du petit panier à l’avant. Des balades que j’aurai faites le long de la rivière… De la forêt de bambou et de la montagne aux singes et de Nara, du Mont Fuji, du musée Ghibli…

Nous avions tout : la petite maison déjà louée, l’école de japonais pour François déjà payée, les billets d’avion en poche, l’assurance voyage, les valises… (Oui, oui, nous avions des valises pour stocker des jeux de Manea, puisque ce serait une expatriation et non un voyage, on avait opté pour des valises… en plus de nos sacs à dos).

Mais COVID, tout ça, tout ça.

Moins de deux jours avant de décoller, nous avons pris la difficile décision d’annuler. Et ce fut une chance dans cette malchance. Les règles ont changées le jour de notre départ, et vu que je n’avais pas de visa spécial (comme François qui avait un visa étudiant), Manea et moi n’aurions pas pu rester. Et vu que nous avons annulé, nous avons pu plus facilement entamer les démarches pour nous faire rembourser également…

Mais l’histoire ne s’arrête pas là.

Après le premier confinement, quand le rêve est toujours présent

Le départ de fin mars tombe à l’eau, nous vivons le premier confinement sans trop comprendre ce que nous faisons encore en Belgique, au milieu des caisses et des meubles dépareillés.

L’esprit toujours tourné vers le levant, nous décidons de penser au plan suivant. La prochaine saison de cours en septembre nous semble réaliste… mais nous hésitons à prendre les billets d’avion. Puis finalement peut-être pour la session de janvier ?…

De déception en déception, nous avons décidé d’arrêter, non pas de rêver, mais de programmer.

Nous avons aménagé un peu plus notre chez nous, acheté des meubles (si si, incroyable pour nous !), une bibliothèque pour Manea (mon rêve !), une playstation et une télévision (le rêve de François !)… Bref, nous avons essayé d’accepté cette situation et de la vivre de la façon la plus confortable et agréable possible.

La suite post-COVID ?

Allons-nous pouvoir mettre sur pied le projet que nous avons annulé ?Pourrons-nous tous voyager comme avant ?

Je n’ai pas de réponse à ces questions… mais de sérieux doutes m’habitent.

J’ai la sensation que rien ne sera plus jamais comme avant. L’insouciance, le passage de frontières comme on saute d’une case à l’autre sur le jeux de l’oie… Tout cela n’existera sans doute plus.

Mais il y aura alors la place pour créer quelque chose de nouveau. Je ne veux pas que la nostalgie du passé vienne m’empêcher de voir ce qui sera possible, quand cela le sera. Peut-être que ce sera l’occasion de réfléchir à ce que l’on aime particulièrement dans le voyage, ce qui nous a manqué et nous fait vibrer… pour pouvoir le rencontrer, autrement.

En tout cas, de notre côté, on rêve, on tente de combler le vide et le manque de voyage par tous les moyens possibles et (in)imaginables (j’en parlerai dans un autre article !). Et on cesse de fixer des dates. On attend, inexorablement, on attend…

On attend que le vaccin vienne,
on attend que vienne le temps
pour tous les petits et grands
de prendre son sac et bon vent !
Inexorablement, on attend…

(Désolée, je pense que je suis atteinte du syndrome confinementum… même si je ne ferai pas de vidéo sur le sujet, pas question de chanter en live !)

11 réponses à “Où suis-je, où vais-je voyager… et quand finit le confinement ? (COVID-19)”

    • Oui, le manque de planification, c’est sans doute le plus difficile en ce moment ! Avoir plein de repues en tête mais ne pas pouvoir en programmer un seul… Courage, patience… et croisons les doigts !

  1. Je suis heureuse de lire à nouveau de vos nouvelles ici, même si bien sûr je vous aurais souhaité d’avoir à nous raconter votre expatriation.
    Je suis d’accord avec toi quand tu dis que rien ne sera plus jamais comme avant… peut-être que certains y parviendront, mais pour ma part j’ai parfois l’impression d’avoir laissé dans cette crise une part de mon insouciance (ou alors j’ai juste vieilli/mûri ^^).
    Cela n’empêche pas de continuer à rêver, et je vous souhaite de réaliser vos rêves de voyages bientôt.

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