Un sac sur le dos
Amandine

Ce n’est plus de mon âge. Profite tant que tu peux. Si seulement, moi aussi, j’avais ton âge.

Combien de voyageurs ont-ils entendu ce genre d’affirmations ? D’où ma réflexion du jour.

Existe-t-il un âge parfait pour voyager ? Et si oui, quel est l’âge idéal pour voyager ?

Voyager à tout âge

Cela pourrait vous surprendre, mais le voyageur idéal a … tous les âges !

Mon propos vous semblera sans doute étrange, mais voici la conclusion de mes pensées : il n’existe aucun âge idéal pour voyager. Au contraire, le voyageur a besoin de tous les âges pour apprécier le voyage au maximum.

De l’enfance à l’âge mûr, chaque étape de la vie apporte un état d’esprit et des qualités indispensables au voyageur.

Et j’aime à penser que tous ces âges sont potentiellement en nous à tout moment, et qu’il nous suffit d’être à l’écoute pour les faire murir.

Les 4 âges du voyage

  1. L’âge de l’émerveillement

    Un enfant sommeille en vous. Ne l’entendez-vous pas ?

    Le mien vient souvent pointer le bout de son nez. Quant à celui de François … disons qu’il n’est jamais vraiment parti !

    L’enfant en nous s’émerveille. Il court tant il a envie de bouger, d’explorer, de vivre. L’enfant en nous a le feu sacré. Son costume de superhéros sur le dos, il vole à la découverte du monde. La magie existe et les mystères font partie de son quotidien.

    Un enfant ne dit jamais « jamais » : tout est possible.

    L’enfant rit. L’enfant pleure. Ses émotions sont à fleur de peau. Il vit, intensément.

    Avez-vous ri aujourd’hui ? Avez-vous eu envie de faire quelque chose d’insensé ? Juste pour le plaisir ? L’enfant joue et trébuche, heureux de pouvoir se relever, encore et encore. Sa zone de confort, il l’utilise comme base d’exploration et l’entend au fil de ses découvertes.

    L’enfant voyageur n’a que faire des programmes, des préparatifs, des précautions et des règles : il s’abandonne à la joie de vagabonder et de faire ses expériences et rencontres sur les routes.

    Un enfant sommeille en vous. Ne l’entendez-vous pas ?

  2. L’âge « bête » : entre idéalisme et révolution

    Voyager, c’est découvrir une nouvelle culture et s’y immerger entièrement. Un bain qui peut parfois perturber. Choquer. Venant de l’Occident, le voyageur découvre d’autres réalités. Et parmi celles-ci, une des plus difficiles à côtoyer : l’injustice.

    Le monde est injuste, le saviez-vous ?

    C’est ainsi. C’est énorme. C’est absurde.

    L’enfant l’ignore, et l’adulte le sait, lui, résigné suite à cette découverte. Mais l’adolescent ne peut se résoudre à l’accepter. Il veut comprendre. Il veut changer. Se changer. Changer le monde.

    … Révolution !

    Se voir considéré comme un porte-feuille ambulant dans les pays qu’il traverse le chamboule, le dégoûte. Il voudrait tant leur crier : « je ne suis pas comme eux ». Il dédaigne les enfants naïfs et les adultes désabusés.

    Mais l’adolescent, en changement permanent, est aussi en quête. En quête de vérité. En quête de lui. Pour se trouver, il voyage. Pour se trouver, il échange. Pour se trouver, il se photographie.

    Selfie par ci.

    Selfie par là.

    Au pied du Machu Picchu, au fin fond de la jungle, au sommet d’un gratte-ciel … ou au Starbuck du coin.

    Selfie ici. Selfie là-bas.

    Je suis là. J’existe. J’en ai la preuve.

    Je suis différent. J’aide les gens.

    Selfie me voici. Selfie me voila.

  3. L’âge de raison

    Le cœur a ses raisons que la raison ignore. Mais la raison a ses arguments que le cœur ferait bien d’entendre !

    Le voyageur adulte prépare, anticipe, programme. Il fait des itinéraires, compare les prix, étudie et se renseigne.

    Oui, c’est très beau de partir à l’autre bout du monde. Mais n’est-ce pas dangereux ?

    Et les maladies, y as-tu pensé ? Les vaccins, les visas, les formalités administratives … ?

    L’adulte veut savoir. Savoir où aller prendre le bus, où loger à son arrivée, où manger …

    L’adulte aime avoir raison et ne perdra jamais une occasion de corriger le guide, lors de visite culturelle, sur une imprécision ou une erreur de prononciation. L’adulte se veut savant et aime que cela se sache.

  4. Le quatrième âge, aux portes de la sagesse

    Le voyageur grand-parent a appris à se taire et écouter avant de parler. Il observe, le regard bienveillant et curieux, le monde agité qui l’entoure. Dedans et dehors, tout à la fois, il regarde la société comme l’on va au théâtre.

    Observer le monde et écouter… (©Trocaire)

    Il a déjà vu courir tant d’hommes et de femmes pressés de gagner une minute.

    Perdre son temps à essayer de gagner sa vie … Ce n’est plus pour lui !

    Il courrait, lui aussi. À présent, alors que le temps pourrait lui manquer plus qu’à un autre, il s’arrête. Il observe. Il sait qu’il ne sert à rien de se presser. Le temps gagne. Toujours. Et à essayer d’en gagner, l’on risque seulement d’en perdre.

    Le voyageur grand-parent regarde avec indulgence les autres âges et aime partager ses expériences et souvenirs. Il entre en contact avec tous ceux qui lui porte attention, les mots n’ont pas d’importance : le regard est la porte de l’âme.

De l’âge idéal pour voyager à mon voyageur idéal

Mon voyageur idéal ? Une combinaison de tous ces âges et états d’âme :

Un enfant qui s’interroge. Un adulte qui s’émerveille. Un adolescent qui écoute.

Mon voyageur idéal aime l’aventure et la recherche de moments exceptionnellement intenses. Sur les routes, il continue à s’émerveiller du soleil qui brille et de la chenille qui se prépare à devenir papillon. L’Histoire l’intéresse, mais il sait écouter avant de donner son opinion. Ses photos, un rien narcissiques, lui permettront d’entretenir les souvenirs de ses pérégrinations de par le monde, témoignages d’une vie riche en couleurs.

Plus le voyageur parcourt la planète, plus il sait qu’il ne sait rien.

« Faire un pays » n’a pas de sens. Jamais il ne connaîtra la Terre entière. Mais il l’aime, sa « petite planète ». Elle le surprendra toujours. Un paysage encore plus beau. La découverte d’une civilisation encore plus ancienne. Une histoire émouvante pour lui rappeler la fragilité et la force de l’homme … De la banalité du quotidien à la splendeur de l’exceptionnel, le voyageur chérit chaque instant, sans essayer de les comparer ou de les classer.

Le voyageur idéal, une philosophie de vie

Se vêtir du costume de voyageur idéal, c’est aborder la vie sous un angle différent, intéressant.

Être voyageur, ce n’est pas seulement être touriste à l’autre bout du monde. Car être un voyageur dans sa propre ville, c’est possible. Tout est une question d’attitude, de regard. Celui que l’on porte sur le monde. Et sur soi.

La plus belle des vies ne serait-elle pas celle où l’on a le moins de regrets ?

Voyager sans trop d’ambitions (©Sunset Girl)

Mais les regrets de fin de parcours, quels sont-ils ?

Ces regrets, que l’on retrouve souvent dans les études menées auprès des patients en soins palliatifs, tournent tous autour de valeurs communes, qui leur ont fait défaut :

Courage. Respect de soi et des autres. Expression libre. Épanouissement.

J’aime à penser que pour contrer ces regrets, construire son chemin de vie en empruntant les lunettes du « voyageur idéal » est une belle tentative. Du moins, j’aimerais essayer.

Le voyageur, un humain de tous les âges

L’on dit souvent qu’il faut de tout pour faire un monde. Je pense, quant à moi, qu’il faut de tous les âges pour vivre pleinement un voyagequ’il soit d’un mois ou d’une vie.

À la question de départ : « Quel est l’âge idéal pour voyager », je n’ai pas de réponse unique à vous donner.

Je n’aime ni les clichés ni les réponses toutes faites. Je leur préfère les questions et les hypothèses. Tout est possible. Rien n’est sûr.

À voyageur vaillant, rien d’impossible.

Le voyageur idéal, une attitude de vie

Hésiter à voyager pour une question d’âge n’a pas de sens. Voyager est un appel, une petite voix qui invite à découvrir le monde. Tant que celle-ci continuera à résonner à nos oreilles, le plus sage serait de l’écouter. Bien sûr, l’on ne voyage pas de la même manière à 5, 15, 25, 40 ou 60 ans.

Mais chaque voyage est une page du monde à lire … et un chapitre de sa vie à écrire.

20 réponses à “Quel est l’âge idéal pour voyager ?”

  1. Curieux comme le sujet m’interpelle …

    Mon 1er voyage ? Un hasard, un bonheur immense, ineffable : le Niger ! J’avais 17 ans ! J’y ai vécu des expériences qu’on ne peut vivre qu’à 17 ans !

    Ayant élevé seule 3 enfants, j’ai eu une grosse parenthèse. Depuis, je concrétise autant que mes moyens me le permettent…. (oups, je suis en dessous du seuil de pauvreté français…) les expériences sont différentes, certes, mais surement pas moindre.
    Merde, quel que soit l’âge, foncez ! Vos expériences sont différentes ? De toutes façons, elles sont différentes selon vos origines, vos convictions, votre mode de vie, vos aspirations…etc… alors…

    • Merci pour ton message Catherine, plein de sincérité et porteur d’un beau message : tous les âges sont bons pour voyager, mais aussi toutes les façons …

  2. Super article, une fois de plus ! On pourrait donc faire 4 tour du monde dans sa vie, ils seraient complètement différents. Aucun voyage ne ressemble à un autre, voilà une bonne raison de voyager à plein temps.

    • Merci Mathieu pour ton commentaire et le compliment !
      Je suis bien d’accord avec ta conclusion : voyager deux fois au même endroit, cela réserve deux expériences différentes, car l’on est jamais vraiment dans la même personne ou dans la même humeur, l’ambiance et le contexte changent …
      Bref, la seule constante dans ce monde, c’est que tout change ! 😉 … Et si en plus c’est « une bonne excuse » pour voyager à temps plein, je suis preneuse 😉

  3. « Voyager » forme l’enfance,la jeunesse et la »vieillesse »…Le regard sur le monde change avec le vécu mais la curiosité,le moteur de toute découverte,le facteur primordial de développement personnel… reste intacte! Bravo Amandine pour ton article.Je me retrouve dans tes propos et j’en suis sûre que ma fille Olga (Poussette,Biberon et Sac à dos) ressent la même chose.Pendant son récent voyage en Asie, à un moment donné nous étions « 3 générations »à voyager ensemble :mammie Lisa,maman Olga et la petite Loulou…Une expérience magnifique et enrichissante pour nous trois!

    • Merci Halina pour ton message. J’aime ta vision des choses : « le voyage forme l’enfance, la jeunesse et la vieillesse » … Beaucoup de vérité là-dedans je trouve.

      Merci pour ton retour enthousiaste !

  4. Bonjour !
    J’aime beaucoup ton article, et je ne peux que partager ton opinion ! Il n’y a pas d’âge idéal, et suivant le voyage, l’endroit, le moment… on peut être un enfant ou un grand-parent 🙂 et c’est ça qui est génial finalement ! L’un des moteurs essentiels est la curiosité, et ça on l’a tout le temps. C’est bizarre parce que quand j’entends « ah, t’es jeune, profite, c’est plus de mon âge… » et que ce sont des personnes à peine plus âgées que moi qui me sortent ces phrases (j’ai 28 ans) je me dis « Euh… mais t’as quel âge dans ta tête toi ? Tu te considères déjà vieux ? » et la question suivante « Mais tu crois qu’il y a un âge pour voyager ?! » 😀 j’avoue que moi, je ne me suis jamais vraiment posé la question de savoir si j’étais trop vieille, trop jeune, trop ceci, trop cela pour voyager. Je voyage, c’est tout. Et je continuerai, même si un jour j’ai des enfants, même si un jour j’ai 30 ans (bon, vu que ça fait 10 ans que j’ai 18 ans ça risque pas d’arriver) et même si un jour j’ai 70 ans 😉

    • Salut Stéphanie, merci pour ton commentaire. Ravie que nous partagions la même vision quant à ce sujet, souvent débat, sur « l’âge » que doit avoir un voyageur pour « bien » voyager !

      Je pense également que la curiosité est l’un des principaux moteurs de vie, quel que soit l’âge ; et que c’est un grand atout pour voyager. Sans curiosité, je pense que le voyage perd son sens …

      Comme toi, je ne me suis jamais posé la question « est-ce que j’ai le bon âge pour voyager » (se demande-t-on si l’on a le bon âge pour vivre ?!), mais l’on m’a tellement renvoyé cette image de « t’es jeune, profite … », que je voulais réagir !

  5. J’aime beaucoup ton article, et j’adhère complètement. On voyage différemment, c’est tout, et encore.
    J’ai 60 ans, ça fait 40 ans que je voyage, et là je suis dans une auberge de jeunesse à Puebla au Mexique, en dortoir avec « des copines » qui pourraient être mes petites filles.. tout va bien, on vit et on partage le moment présent. » On va toujours trop loin pour ceux qui vont nulle part » et qui trouvent toujours une excuse pour rester..

    • Merci beaucoup Danielle pour ton message. Touchée que cet article te parle tant, et touchée également par ton témoignage de voyageuse qui renforce ma façon de voir le voyage… et la vie 🙂

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