Un sac sur le dos
Amandine

Voyager, retrouver cet élan vital qui nous donne le gout de nous connecter aux autres, au monde et à soi. Une connexion des sens, une connexion du cœur. Et si chacun a ses milieux de prédilections pour recharger ses batteries et retrouver cette connexion, le plus puissant de tous est toujours la nature. Retour aux sources, à l’essentiel… Un voyage plein de sens qui cette fois m’emmena en Allemagne, pour un roadtrip en Sarre. Je vous emmène ?

Voyage en Allemagne #EnjoyGermanNature

Pourquoi ? Pourquoi est-ce que je connais si peu les pays qui m’entourent ? Pourquoi est-ce que les paysages lointains me semblent toujours plus exotiques ? Plus attirants ? Une question que je me suis déjà posée à de nombreuses reprises, particulièrement depuis notre retour d’année sabbatique.

Depuis ce grand retour en novembre, mes pas m’ont déjà menée dans plusieurs pays d’Europe : Espagne, Portugal, France, Serbie… et maintenant l’Allemagne.

En regardant la carte, ce voyage en Allemagne semble être une évidence. Évidence renforcée par de nombreuses photos et vidéos estampillées « #EnjoyGermanNature ». Une suggestion qui s’immisça dans mon esprit jusqu’à en devenir une certitude. « Oui, moi aussi… »

Et au détour des routes d’Allemagne, je me suis sentie par moment si loin, comme de retour dans ce Canada qui me manque tant…

Seule face à la nature (Biosphère Bliesgau)

L’appel de la nature

Qu’est donc ce fameux appel ? Et comment le reconnaitre lorsqu’il frappe à notre porte ?

Certains signes ne trompent pas : la musique que vous écoutez, les livres que vous lisez, les films que vous regardez, les images qui s’immiscent dans votre esprit lorsque vous rêvassez, la photo choisie pour votre fond d’écran, les trop-pleins et manques du quotidien…

Pour moi, les signes étaient clairs et d’une redondance redoutable : plus de doute, il me fallait prendre la route. Kaïn dans les oreilles (qui avaient déjà accompagné mes roadtrip au Canada avec « Les Cowboys Fringuants », et qui chantonnent « Sur la route de Montréal, je roule, je m’éparpille. »), « Dans les forêts de Sibérie » de Sylvain Tesson sur les genoux, je me cale dans le fauteuil du train qui m’emmène en l’Allemagne, pour une semaine de roadtrip nature en Sarre.

Les mots de Sylvain Tesson défilent au rythme des paysages et des panneaux de ville. Plongée dans le livre puis le regard perdu vers la fenêtre, sans que je sache vraiment à quel moment mes yeux ont décroché des pages…

Usage de la fenêtre : inviter la beauté à entrer et laisser l’inspiration sortir. (Sylvain Tesson)

Roadtrip nature : de la route aux bois

Voiture ? Check ! Carte routière ? Check ! Plus qu’un programme, des buts à atteindre en fin de journée. La route est à nous, l’envie de découvrir est grande et pour cela, la meilleure façon qui soit, c’est de se perdre ! Et puis, comme disait souvent mon père en voyage :

Nous ne sommes pas perdus, nous avons seulement pris un raccourci plus long !

Ses paroles me faisaient rire lorsque j’étais enfant, sans vraiment pouvoir comprendre le sens de ces mots. Aujourd’hui, ils résonnent tout particulièrement… Car j’apprends peu à peu que la destination importe peu ; à l’inverse du chemin. Alors pourvu qu’il soit beau, pourvu qu’il soit long…

Notre voiture avale l’asphalte et nous buvons les paysages, avec cette soif inépuisable de lumière et de grandeur. Champs par-ci, forêt par là… Du confinement des sapins serrés aux étendues des cultures de blé, nous respirons de plus en plus librement. Même en roulant, même avec les fenêtres fermées, nous entendons les oiseaux chanter !

Une fuite, la vie dans les bois ? La fuite est le nom que les gens ensablés dans les fondrières de l’habitude donnent à l’élan vital. (Sylvain Tesson)

Appel de la nature
Nationalpark Hunsrück Hochwald

Reconnexion & déconnexion

Quelques jours avant le départ, je répondais à une interview par téléphone pour le journal Le Monde : « est-ce qu’Internet a changé notre façon de voyager ? » Cette possible connexion permanente ne nous déconnecte-t-elle pas de l’essence même du voyage ? Le smartphone et l’ordinateur en voyage sont-ils à envisager comme des outils ou des addictions ? De ce besoin de couper du superflu et de retrouver l’essentiel ? Un débat intéressant…

Je repense à cela depuis le siège de la voiture, perdue dans mes pensées, puis les mots de Sylvain Tesson viennent éclairer mes rêveries :

À Paris, je ne m’étais jamais trop penché sur mes états intérieurs. Je ne trouvais pas la vie faite pour tenir les relevés sismographiques de l’âme. Ici, dans le silence aveugle, j’ai le temps de percevoir les nuances

La plus grande des libertés, c’est sans doute de pouvoir s’entendre respirer et penser… Moins de connexion virtuelle, plus de connexions sensorielles. Un retour au vivant.

Et si le bonheur revenait à disposer de solitude, d’espace et de silence – toutes choses dont manqueront les générations futures ? (Sylvain Tesson)

Keltischer Ringwall

Sarre, d’un paysage à l’autre

Cette semaine en Sarre semble être passée en un éclair, et pourtant le bienêtre ressenti en parcourant ces paysages me donne l’impression d’y avoir vécu un mois entier. Respirer à plein poumon, dormir jusqu’à ne plus vouloir des bras de Morphée, marcher jusqu’à sentir ses jambes fatiguer et ses pieds vibrer à chaque pas, ouvrir grand les yeux et sentir le moindre muscle de son visage se détendre… À bas les masques : face à la nature, le naturel revient au galop.

Le plaisir de la solitude, tout en étant à deux. Seul avec l’autre. Suffisamment à l’aise, suffisamment bien ensemble que pour pouvoir être seuls par moment, perdu dans ses pensées, loin, si loin de la route, et si proche en même temps.

Rien ne vaut la solitude. Pour être parfaitement heureux, il me manque quelqu’un à qui l’expliquer. (Sylvain Tesson)

Manque que je n’ai pas. Le bonheur de voyager en couple

Saarschleife

Cet article est une première mise en bouche sur ce voyage #EnjoyGermanNature en Sarre. Dans un prochain article, je vous partagerai mon itinéraire et mes bonnes adresses pour aller vous perdre, à votre tour, entre champs et forêts.

En partenariat avec l’Office de Tourisme d’Allemagne et de Visit Saarland.

18 réponses à “L’appel de la nature”

  1. Superbe article qui résonne très fortement dans ma tête (*boooiiinnnng*).

    « Pourquoi est-ce que je connais si peu les pays qui m’entourent ? Pourquoi est-ce que les paysages lointains me semblent toujours plus exotiques ? Plus attirants ? »
    -> Je me pose aussi trèèèèèès souvent la question ! Pour ma part, je pense qu’une partie de la réponse est : « Je profite d’être sans enfants pour faire des destinations lointaines qui demanderaient un peu plus d’organisation si je voulais y aller avec des enfants ». Je suis sûre et certaine qu’on peut aller partout avec des gosses mais différemment, du coup je profite d’être freeeee pour me perdre au fin-fond du Vanuatu, de la Nouvelle Zélande 🙂 et du coup je me dis que les destinations « proches », « plus simples », je pourrais toujours y aller « après ».

    Je ne sais pas si c’est une bonne chose ou pas, chacun voit midi à sa porte, mais maintenant que je vais un peu plus en Europe, je me dis « wow, purée, il y a de très belles choses ici aussi quand même ». L’Ecosse, La République Tchèque, le Portugal, j’en ai pris plein les yeux, et du coup maintenant je rêve de faire un tour d’Europe en voiture / van / on verra. L’Allemagne m’attire beaucoup pour son côté un peu atypique, dans le sens où quand on pense « voyage en Europe » on ne pense pas forcément à l’Allemagne. Je me trompe peut être, mais la plupart des gens, je pense, vont en Espagne, au Portugal, en Italie, ou dans les pays scandinaves, mais pas en Allemagne, en tout cas j’en connais peu (et certains sont originaires d’Allemagne donc bon, ils vont voir leur famille 🙂 )

    Du coup l’Allemagne est définitivement en top de liste 🙂
    Merci pour cet article, j’attends le prochain avec impatience !

    • Merci Stéphanie ! Ravie de lire que cela résonne (fort !) en toi 😉

      Ton raisonnement est intéressant, c’est vrai que je ne l’ai pas trop conscientisé… Je me dis plutôt « je profite de ne pas être en long voyage lointain pour découvrir les pays qui m’entourent » 😉 C’est vraiment cette démarche là qui m’anime depuis notre retour d’année sabbatique (mis à part une expédition au Japon).

      Et oui, je suis tout à fait d’accord avec toi, il y a de superbes, incroyables, magnifiques lieux à visiter eu Europe ! D’ailleurs on fait bien baver depuis le Nouveau Continent (comme quoi, tout est toujours une question de distance et d’herbe plus verte ailleurs !).

      Je pense aussi que l’Allemagne n’a pas une image très glamour et ne vient pas spontanément à l’esprit des voyageurs, pourtant, rien qu’au niveau paysage, il y a des choses époustouflantes ! D’ailleurs on réfléchit déjà à y retourner… 😉

      Au plaisir de papoter encore dans de prochains commentaires ^^ (et du coup, tu as déjà commenté le dernier article, et moi je te réponds dans le désordre le plus total, en commençant par le plus récent !).

  2. J’ai adoré lire ce texte ! Il est tout simplement magnifique !!
    Et vous venez de me faire découvrir un auteur que je ne connaissais pas : Sylvain Tesson.
    En essayant d’en savoir un peu plus sur lui, là, tout de suite, je suis tombée sur une interview où il répond au journaliste qui lui demande : « Si vous deviez abandonner une chose, ce serait l’écriture ou les voyages? »

    « Je ne saurais pas vous dire… Les deux me semblent intimement liés. Je ne suis pas un écrivain d’imagination, je n’arriverais pas à écrire si je ne voyageais pas. Et je ne sais pas si j’aurais la même envie de voyager si ce n’était pas pour convertir en mots ce que je vois. »
    C’est une très belle réponse et la dernière phrase colle parfaitement à mon propre ressenti.
    Et vous, Amandine, qu’en pensez-vous ? Eprouveriez-vous le même plaisir à voyager si vous ne pouviez ensuite partager ce que vous avez vécu ?

    • Bonjour Marie-Paule, merci pour vos commentaires et vos messages 😉

      J’ai découvert Sylvain Tesson il y a quelques années, et je le redécouvre à chacun de ses livres qui me tombent entre les mains… Je prépare un article sur les livres que j’aime et qui me font voyager… mais je dois encore lire quelques livres avant (ceux qui sont sur ma liste « à lire » depuis des mois voire plus – une bonne occasion de m’y mettre), ce n’est donc pas pour tout de suite, mais j’espère pouvoir le publier d’ici la fin de l’année.

      Je n’ai pas lu cette interview, mais j’aime beaucoup la réponse de Sylvain Tesson.
      J’avoue ne m’être jamais posé la question : voyager ou écrire ?
      En y réfléchissant, je me rends compte que mon premier départ (pour un stage au Canada), c’est accompagné de longues correspondances et d’un plaisir découvert à l’époque à coucher mes pensées sur le clavier, plaisir qui a évolué lors de notre premier grand voyage avec notre premier blog, puis celui-ci. Écrire m’aide à structure ma pensée, à faire aller plus loin mes idées et mes ressentis… en un certain sens, l’écriture vient compléter mes voyages. L’expérience du voyage devient donc un tout, fait de mouvement et d’écriture…

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